Promenades virtuelles

Prom. n°9- Morin

 

Morin (place Maurice Morin)

C’est l’ex-place du Rond-Point selon le dessin original du lotissement du Haras. La place du Rond-Point, octogonale avec ses quatre pans coupés, est au croisement des deux avenues principales du Haras, l’avenue du Haras et l’avenue du Rond-Point dans leurs dénominations originelles.

Le 14 janvier 1933, notre concitoyen Maurice Morin meurt à La Baule en service commandé, dans un accident d’aviation. Il est inhumé à Viroflay. La place du Rond-Point dans le Haras prend le nom de Maurice Morin en 1934. Elle a gardé cette dénomination depuis. Après la Libération, les avenues qui la desservent furent renommées pour honorer deux résistants, Pierre Grenier et Robert Hardouin respectivement.

Vue de l’avenue Robert Hardouin (ex av. du Rond-Point). Série Syndicat d’initiative janvier 1936.
Vue de l’avenue Robert Hardouin (ex av. du Rond-Point). Série Syndicat d’initiative janvier 1936.

Détail sur la place Morin (ex-place du Rond-Point). Carte Syndicat d’Initiative 1936.
Détail sur la place Morin (ex-place du Rond-Point). Carte Syndicat d’Initiative 1936.

Le pilote d’essais

Maurice Georges Albert Morin (6.3.1900 - 14.01.1933), né à Buc, était mécanicien et pilote d’essais. Sa courte vie a été marquée par l’aviation et sa célébrité était réelle au moment de sa disparition, un peu mystérieuse.

Le décès de Maurice Morin a marqué l’histoire bauloise comme le relate un site extrêmement documenté. Citons un extrait :

-   14 janvier : mort du pilote Maurice MORIN dans le ciel de La Baule lors d’essais d’altitude du "Loire-43". La direction des Ateliers et Chantiers de Loire décide de donner à l’aérodrome d’Escoublac-La Baule le nom d’Aérodrome Maurice MORIN,
-  22 janvier : lancement d’une souscription pour perpétuer la mémoire de M. MORIN par un memento (buste, stèle ou plaquette). L’engouement est tel qu’il est créé un comité pour superviser le projet confié aux architectes DATESSEN et CHANEY, ainsi qu’au sculpteur GUILLEUX.
-  27 juillet : le 3e Tour de France Aérien fait escale à La Baule et les autorités président l’inauguration des "Ailes Brisées". Le monument érigé en mémoire de M. MORIN représente 2 ailes d’avion de 7 m, dressées vers le ciel, à la base, un médaillon représentant le buste du regretté pilote, au-dessous sa citation à l’ordre de la nation.

L’accident mortel

La presse relate l’accident (La Croix, mardi 17 janvier 1933) :

Le pilote a-t-il été pris d’une syncope alors qu’il se trouvait à 9000 mètres ? Loire-Inférieure.

Un avion de chasse qui faisait ses essais au-dessus des marais salants de la presqu’île guérandaise a fait une chute aux environs de La Baule. Le pilote, Maurice Morin, âgé de 33 ans, marié, demeurant à Cornuchet, ancien pilote du 34e régiment d’aviation au Bourget et spécialiste des essais depuis 1927, a été tué sur le coup.

Des premières constatations faites, l’hypothèse d’une syncope ou d’une défaillance physique du pilote semble s’imposer. En effet, à la hauteur à laquelle s’était élevé l’appareil, 9 000 mètres, la température marquait 43°5 au-dessous de zéro. L’aviateur était seulement vêtu d’une combinaison spéciale et de ses vêtements de laine habituels. Maurice Morin pilotait, pour la vingtième fois, un avion de chasse conçu par l’ingénieur Asselot.

Le Monument

Le monument à M. Morin a été inauguré par le ministre de l’Air Pierre Cot, en présence de Dieudonné Costes et de Sadi Lecointe, à l’occasion d’une étape du Tour de France aérien. La presse (L’Intransigeant 29 juillet 1933) relate l’évènement et propose une photo du monument :

Le Tour de France aérien - Aujourd’hui La Baule-Deauville La Baule, 28 juillet (de notre envoyé spécial)

Les concurrents, les suiveurs et les organisateurs du Tour de France aérien de l’Union des Pilotes Civils de France et du Journal, accueillis hier à La Baule-Escoublac par le ministre de l’Air entouré par Dieudonné Costes et Sadi Lecointe, ont assisté à l’inauguration du monument élevé à la mémoire du pilote d’essais Maurice Morin, qui a trouvé la mort le 14 janvier. Ce matin, les 50 compétiteurs ont repris leur vol pour aller à Deauville en passant par Rennes et Dinan : 334 km. Demain. Deauville-Bruxelles : 420 km ; dimanche, retour à Paris. Bruxelles-Buc : 290 km, et 3.710 km auront été couverts. - P. L.

Les inspections en avion du ministre de l’Air

Le ministre de l’Air, qui a inspecté les régiments de Tours et de Pau, a inauguré, hier après-midi, à La Baule-Escoublac, le monument élevé à la mémoire du pilote d’essais Maurice Morin. M. Pierre Cot a repris son vol ce matin pour aller inaugurer l’aéroport de Rennes et assister, à Deauville, à l’arrivée des avions du Tour de France. Le ministre repartira en direction de Dinan, où il va visiter le nouveau aérodrome privé. Après avoir passé quelques heures à Paris, M. Pierre Cot ira inspecter demain le 32° régiment de Dijon, inaugurer dimanche l’aérodrome de Valence et assister lundi aux premiers exercices des manœuvres combinées Air et Marine, à Toulon. A la suite de son séjour à Toulon et au Palyvestre, le ministre de l’Air se rendra au centre d’Istres.

L’avion

L’avion en question était le Loire-43, évolution d’un chasseur monoplace avec un plafond très haut (11 000 mètres) construit à 1 exemplaire par les Ateliers et Chantiers de Loire. Avion monoplace de chasse (premier vol en octobre 1932), c’était un monoplan aile haute, type aile mouette, entièrement métallique. Il est décrit sur divers sites, dont en détails sur un site russe.

Prototype n°1 (et unique) du Loire 43. Source www.airwar.ru
Prototype n°1 (et unique) du Loire 43. Source www.airwar.ru

mise à jour 14 mars 2021